Et si la vérité se cachait dans l’entre-deux ? L’anthropologie de François Laplantine

Eloge de l'Entre-Deux

Dans un monde saturé de certitudes, osons penser l’entre-deux

Nous vivons à une époque qui aime les camps. D’un côté ou de l’autre, pour ou contre, blanc ou noir : la pensée binaire s’est imposée comme le mode dominant de compréhension du réel. Dans les débats politiques, sur les réseaux sociaux, jusque dans nos conversations quotidiennes, il faut choisir — et vite. Celui qui hésite est suspect. Celui qui nuance est un lâche.

C’est dans ce contexte que le nouvel ouvrage de François Laplantine arrive comme une respiration. Éloge de l’entre-deux — Intervalle, interstice, intermittence est une invitation à penser autrement : ni dans la séparation binaire, ni dans la fusion qui efface les différences, mais dans cet espace fragile et fécond que l’auteur appelle l’entre.

François Laplantine, anthropologue des marges et des passages

François Laplantine est l’un des anthropologues français les plus originaux de sa génération. Ses terrains l’ont conduit au Japon, en Afrique, en Amérique latine, au Brésil — autant de cultures qui pensent le monde autrement que la tradition rationaliste occidentale. Dans ses travaux, il s’est toujours intéressé aux bords, aux seuils, aux formes d’existence qui échappent aux catégories établies.

Éloge de l’entre-deux est l’aboutissement de cette recherche de toute une vie. Ce n’est pas un traité classique d’anthropologie : c’est un abécédaire libre et érudit, construit autour de notions qui ouvrent chacune une fenêtre sur une pensée du passage — de la saudade portugaise au ma japonais, du clair-obscur à la traduction, du cosplay à la mélancolie.

L’entre-deux : bien plus qu’un compromis

Attention : l’entre-deux dont parle Laplantine n’est pas le compromis mou ni le « en même temps » commode. Ce n’est pas une position centriste ou tiède. C’est quelque chose de plus radical et de plus exigeant.

Prenons l’exemple du crépuscule. Le crépuscule n’est ni jour ni nuit, mais il n’est pas non plus la moyenne du jour et de la nuit. Il est une réalité à part entière, avec ses couleurs propres, ses tonalités uniques, une intensité que ni le plein jour ni la nuit profonde ne peuvent atteindre. C’est dans cet entre-deux que quelque chose de particulier se passe — quelque chose qui n’existerait pas si l’on restait dans l’une ou l’autre catégorie.

C’est cette même logique que Laplantine applique à des domaines aussi variés que l’identité culturelle, la traduction, le genre, l’art ou la politique. Ce qui est intéressant, ce qui est vivant, ce qui crée, c’est précisément ce qui résiste aux catégories.

Le ma japonais ou l’intelligence de l’intervalle

L’une des notions les plus fécondes du livre est le ma japonais — cet espace-temps de l’interstice, figuré par un pictogramme représentant la lumière qui filtre entre les deux battants d’une porte entrouverte. En japonais, le mot ningen, qui désigne l’être humain, est composé de deux caractères : hito (l’homme) et ma (l’interstice). Être humain, c’est donc, littéralement, être dans l’entre-deux, dans la relation, dans l’espace qui relie et sépare à la fois.

Cette conception du sujet comme fondamentalement relationnel tranche avec l’idée occidentale d’un individu autonome et séparé. Laplantine y voit une ressource pour repenser notre rapport à l’identité, à l’altérité, à la culture — non comme des blocs figés mais comme des processus en mouvement constant.

Un livre pour notre époque polarisée

À l’heure où les identités se referment, où les frontières — géographiques, culturelles, idéologiques — se durcissent, où l’on sommait chacun de « choisir son camp », Éloge de l’entre-deux offre une alternative intellectuelle et sensible. Laplantine ne prêche pas la tolérance au sens convenu du terme. Il propose quelque chose de plus ambitieux : une autre façon de connaître, de percevoir, de penser.

Son livre touche aussi bien les lecteurs de sciences humaines que ceux qui s’intéressent à l’esthétique, à la philosophie, aux cultures du monde. Il se lit de manière non linéaire — chaque entrée de l’abécédaire est une porte d’entrée autonome, une invitation à explorer un aspect particulier de cette pensée du passage.

« Ce livre est une respiration dans une époque saturée de certitudes. »

Ce que vous trouverez dans ce livre

Au fil des entrées de cet abécédaire singulier, vous explorerez des notions comme la saudade — cette mélancolie portugaise qui est à la fois présence et absence —, le fado, le candomblé brésilien, le queer, la notion de frontière, le vide, le souffle, la bande de Möbius ou encore le wu wei chinois, cet art du non-agir qui est aussi une forme d’attention au réel. Chaque entrée est une réflexion dense, nourrie de lectures et d’expériences de terrain, mais accessible à tout lecteur curieux.

Ce livre s’adresse à ceux qui sentent que quelque chose cloche dans notre façon de débattre, de penser, de vivre ensemble — et qui cherchent non pas une réponse, mais une autre façon de poser les questions.

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Publié aux Éditions MkF — Collection Déclarations

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