72 femmes de sciences pour la tour Eiffel : réparer 200 ans d’oubli

72 femmes tour Eiffel

La tour Eiffel, monument de la science… mais pas des femmes

Depuis 1889, 72 noms brillent sur la tour Eiffel. Gravés en lettres d’or sous le premier étage, ces 72 savants — physiciens, mathématiciens, ingénieurs, chimistes — représentent le panthéon de la science française voulu par Gustave Eiffel. Une liste illustre. Une liste incomplète. Une liste entièrement masculine.

Il aura fallu 136 ans pour qu’une question s’impose : où sont les femmes ? C’est à cette question que répond 72 femmes de sciences pour la tour Eiffel, un ouvrage collectif porté par l’association Femmes & Sciences et publié aux Éditions MkF — un acte éditorial autant qu’un acte politique.

Un oubli vieux de plus d’un siècle

Quand Gustave Eiffel a fait graver ses 72 noms en 1889, les femmes n’avaient pas encore le droit de se présenter à l’université ou dans les grandes écoles d’ingénieurs. L’invisibilisation n’était pas seulement culturelle : elle était institutionnelle. Pourtant, une grande absente saute aux yeux dès cette époque : Sophie Germain, mathématicienne de génie, lauréate en 1815 du grand prix des sciences mathématiques de l’Académie des sciences. Sa théorie de l’élasticité des métaux aurait largement justifié sa présence sur la tour — et d’ailleurs, l’écrivain américain H. J. Mozans le notait déjà en 1913.

Un siècle plus tard, le constat reste douloureux. Les travaux de nombreuses femmes scientifiques ont été oubliés, minimés, ou pire — attribués à des hommes. C’est ce que l’historienne des sciences Margaret Rossiter a théorisé sous le nom d’effet Matilda : un biais systématique qui efface les femmes de l’histoire des sciences, avec des conséquences qui se font encore sentir aujourd’hui.

En 2026, la Tour Eiffel répare l’oubli

À l’initiative d’Anne Hidalgo, maire de Paris, une commission réunie autour d’Isabelle Vauglin — astrophysicienne et vice-présidente de Femmes & Sciences — a sélectionné 72 femmes scientifiques françaises et internationales dont les noms rejoindront ceux des 72 hommes sur le monument le plus visité du monde. Un geste symbolique fort, pour que les petites filles qui lèvent les yeux vers la Tour Eiffel puissent y voir des modèles qui leur ressemblent.

Ce livre est la mémoire de ce geste. Il présente chacune des 72 femmes choisies : leurs parcours, leurs découvertes, les obstacles qu’elles ont surmontés. De Marie Curie à Rosalind Franklin, de Sophie Germain à Irène Joliot-Curie, d’Anita Conti à Alice Recoque — pionnière de l’informatique française — ces portraits collectifs redonnent à ces femmes la place que l’histoire leur avait volée.

Pourquoi ce livre est nécessaire maintenant

Les chiffres sont alarmants. En 2024, seulement 16 % des élèves admises à l’École polytechnique étaient des femmes — contre 21 % l’année précédente. Dans les filières STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie, Mathématiques), elles ne représentent que 25 % des étudiants en première année de l’enseignement supérieur. En mathématiques fondamentales, les femmes ne sont que 9 % parmi les professeurs d’université.

Les causes sont culturelles autant qu’historiques. Les stéréotypes de genre découragent les filles dès le collège. Et l’absence de modèles féminins visibles dans les manuels scolaires, dans les médias, dans l’espace public, aggrave ce phénomène. C’est précisément là que ce livre intervient : en rendant visibles des femmes qui ont existé, travaillé, découvert, innové — et qui méritent d’être connues.

« Il n’existe aucun problème scientifique qu’un homme peut résoudre et qu’une femme ne pourrait pas. »
— Vera Rubin, astrophysicienne (1928–2016)

Un livre, 72 portraits, une seule ambition

Rédigé par une équipe de douze scientifiques — astrophysiciennes, biologistes, physiciennes, informaticiennes, mathématiciennes — sous la direction d’Isabelle Vauglin, cet ouvrage n’est pas seulement un livre d’histoire. C’est un outil de transmission. Les portraits sont accessibles, vivants, documentés. Ils s’adressent aussi bien aux adultes qu’aux jeunes lecteurs, aux enseignants qu’aux parents cherchant à offrir des références à leurs enfants.

On y croise des destins extraordinaires : Jeanne Baret, première femme à avoir fait le tour du monde (sous un déguisement masculin) ; Marthe Gautier, qui découvrit la trisomie 21 sans que son nom soit associé à cette découverte pendant des décennies ; Rose Dieng, pionnière de l’intelligence artificielle ; Marguerite Perey, découvreuse du francium. Soixante-douze femmes. Soixante-douze histoires de talent, de persévérance et d’injustice réparée.

Un cadeau idéal, un livre de référence

À offrir à une adolescente qui hésite à choisir une filière scientifique, à une enseignante, à un parent, ou simplement à soi-même — 72 femmes de sciences pour la tour Eiffel est à la fois beau, utile et nécessaire. Il arrive au bon moment, alors que la tour Eiffel s’apprête à accueillir ces nouveaux noms et qu’un débat de société s’ouvre sur la place des femmes dans les sciences et les technologies.

Disponible directement sur notre site, avec livraison en France et à l’international.

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Publié aux Éditions MkF — Sous la direction d’Isabelle Vauglin, association Femmes & Sciences

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Éditions MkF